Atelier
VERNIS À L'AMBRE PYROGÉNÉE PROPOSITION D'UNE MÉTHODE
par
François Varcin
04
Juillet
09h00 -11h30
ENL "Ecole Nationale de Lutherie"
284 Rue Laberte et Magnie 88500 Mirecourt
Vernis à l'ambre pyrogénée proposition d'une méthode
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Masque de protection respiratoire obligatoire !
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Atelier pratique
Durée: 2h30 (approx.)
Sur réservation uniquement (30 places)
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Pour l'atelier que j'organise, je vous proposerai la méthode que j'utilise pour la pyrogénationde l'ambre.
C'est auprès de François Perego (restaurateur de tableaux, chercheur passionné, fabricant depigments et formateur) que j'ai eu la grande chance d'en découvrir la conduite. La description de cette cuisson provient du célèbre manuscrit de Théodore Turquet de Mayerne (1573-1655) ; ce médecin chimiste l'a glanée au détours de ses visites d'ateliers d'artisans et d'artistes à travers l’Europe. Il détient cet usage de l'ambre d'un facteur de luth établi à Bologne.
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L'ambre jaune est une résine fossile, celle que j'utilise provient des gisements de la mer baltique. Cette résine a la réputation d'être l'une des plus dure, et, pendant longtemps, j'avais de fortes préventions contre son usage en lutherie. Mais, si elle est la plus dure à l'état natif, une fois fondue, elle se comporte de façon tout à fait comparable à une résine de dureté moyenne. De plus, une fois combinée dans sont liant, on obtient un vernis souple et résistant. À part cette étape de pyrogénation qui comporte quelque danger, le reste de la conception du vernis est simple, ne nécessitant aucun additif tels que siccatifs, ou adjonction de chaux pour en régler le point de fusion. Un petit inconvénient est néanmoins décelable : une fois le vernis appliqué et séché sur l'instrument, la fluorescence naturelle de cette résine donne, sous certaines sources de lumières, un aspect un peu voilé. J'ai l'impression que ceci évolue dans le temps en tendant à s'amenuiser. Je cuirai devant vous une petite quantité de résine (250 gr) et la coulerai en plaque pour la laisser refroidir et se solidifier. Si la possibilité est ouverte, je cuirais en parallèle une partie d'ambre déjà pyrogénée chez moi, avec de l'huile de lin préparée auparavant pour la rendre siccative. Cet assemblage et la cuisson terminale donnera le vernis que j'emploie sur mes instruments. Je présenterais alors ma méthode de filtration à chaud du vernis obtenu et sa mise en flacon. Cette méthode, aux étapes distinctes les unes des autres, permet un travail raisonné et pratique, où les quantités sont facilement quantifiables puisque les pesées sont réalisées à froid. L'intérêt majeur est de pouvoir reproduire d'une fois sur l'autre sa recette avec le moins d'aléas possibles. Bien que ces cuissons soient pratiquées en extérieur, ceux d'entre vous qui voudront s'approcher pour « toucher à la matière » en train de cuire, seront invités à se munir de leur propre masque à gaz avec cartouches ad hoc (particules fines, produits chimiques et solvants organiques) et non périmées. Toutefois, afin de minimiser le risque d'accident, nous tâcherons d'éviter les cohues autour de la fusion en cours, les températures approcheront les 400°C ! Aussi, seulement un nombre limité de places est envisageable. Premiers inscrits, premiers servis … Une douce odeur de caoutchouc brûlé aura de toute façon l'avantage d'éclaircir les rangs de ceux qui seront dépourvus de masque ! Je remercie l'école de lutherie Jean-Baptiste Vuillaume d'accueillir cet atelier, je me réjouis par avance de ce partage et vous dis à bientôt, en espérant que la météo sera clémente ! François Varcin.



François VARCIN
À la sortie de l’école de Mirecourt en 1983, je suis entré chez René Quenoil, maître luthier à Paris. Lors de son départ à la retraite, cinq ans plus tard, Claudie Biteur lui succède et je reste Rue de Liège pour la seconder pendant encore quatre ans. En 1992, je travaille pour la société Art & Son près du nouveau conservatoire, à la Villette, rue Eugène Jumin. En 1996 je travaille pour Hugues Paumier, allée Darius Milhaud, dans le même quartier. Je m'installe à mon compte en 2000, rue Cardinal Mercier à Paris. Je change d'atelier en 2003, toujours à Paris, avenue Trudaine. Pendant cette trentaine d'année, j'ai restauré, réglé et entretenu les instruments qui m'étaient confiés. Je construisais également des instruments neufs, le plus régulièrement possible. Depuis octobre 2013, je décide de me consacrer d'avantage à la fabrication et installe un nouvel atelier, à Theys, loin du tumulte de la capitale. Je garde néanmoins mon petit atelier de l'avenue Trudaine à Paris, pour régulièrement retrouver mes clients et confrères. Deux violoncelles obtiennent successivement l'accessit de deux quatrièmes places aux concours Etienne Vatelot en 2004 et Mittenwald en 2010 . Egalement en 2010, un autre violoncelle, est récompensé par trois coups de cœur : ceux de Roland Pidoux, Walter Grimmer et Frank Ravatin, lors de la première édition de VioloncellenSeine. En 2011, le concours Etienne Vatelot me décerne la deuxième place pour un cello. Lors de VioloncellenSeine 2014, Silvio Levaggi me décerne un nouveau coup de cœur.
